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Lundi 12 octobre 2009

J'ai passé une bonne partie de la matinée en défilé de basse couture et je n'étais pas mécontente de mes choix jusqu'au moment où s'est posée la question des chaussures car, primo, les seules que je pensais pouvoir marier harmonieusement avec toutes mes tenues sont celles que j'ai cherchées à travers toute la maison sans parvenir à les retrouver, et secundo, j'en ai sélectionné trois paires en plus de celles que je porterai pour le voyage et le tout ne tient absolument pas dans mon sac de voyage. Je vais donc devoir renoncer à une partie des fringues que j'ai préparées, mais laquelle ? Celle que je vais regretter ou l'autre ? Dans le lot, j'ai glissé une paire de chaussures à talons si vertigineux que je ne me rappelle même plus la dernière fois que je les ai portées. Cela fait longtemps que je n'avais pas joué à la poupée mannequin avec moi dans le rôle de la poupée. C'était assez marrant, en fait. J'avais presque oublié à quel point c'est agréable de porter de jolies tenues et des bijoux bling-bling à appâter toutes les pies des environs !

 

J'ai aussi acheté des nouveaux produits cosmétiques : un après-shampoing lissant qui me fait friser avec de belles boucles, un baume coiffant pour les cheveux qui cocote la noix de coco, et un anti-transpirant qui vous assomme l'odorat à coup de fruits de la passion. Le tout est un peu écoeurant. J'ai l'impression d'être faite en pâte à modeler parfumée.

 

Petit à petit, les choses se précisent et le jour J approche de plus en plus bien que le temps semble avoir ralenti depuis hier. J'ai écrit mon nom sur l'étiquette de mon sac de voyage, comme je l'écrivais autrefois sur mes cahiers d'écolière, et préparé des check-lists pour les derniers préparatifs : objets à emporter, trousse à pharmacie à constituer, démarches que je dois encore faire avant de partir, aliments à terminer... Je suis tellement prête que je voudrais être déjà arrivée !

Par Amy Clavier
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Dimanche 11 octobre 2009

Après le petit-déjeuner, mon ventre gronde comme un ciel d'orage. Il faut dire que je viens d'expérimenter un nouveau muesli sans gluten (dont les raisins secs me sont restés collés aux dents, ce qui me fait un très joli sourire de type clavier de piano) et que mon appareil digestif est plutôt néophobe, surtout à l'approche de l'échéance d'un voyage ! Hier j'ai été malade au point de devoir prendre des médicaments pour arrêter la débâcle sinon je me serais déshydratée dans l'heure ; je crois toutefois que le responsable n'est pas le stress mais plutôt un sachet de saucisses ouvert depuis longtemps et que j'ai la bête habitude de stocker dans la porte du réfrigérateur parce que c'est le seul endroit où je peux le caler à la verticale. Comme je l'avais acheté pour mon chat, je l'y ai oublié et n'ai songé à le terminer qu'hier. Je n'avais jamais réalisé qu'à cet endroit du réfrigérateur la température n'est pas suffisamment basse pour une conservation dans de bonnes conditions d'hygiène ! Cela me servira de leçon.

 

Plus tard dans la matinée, j'ai combattu un lézard grimpeur de rideaux qui s'était faufilé dans le salon le temps que j'aère la pièce. Il était perché là-haut, joli comme un sticker décoratif, la tête en bas à me regarder de travers. J'ai décroché précautionneusement le rideau pour le faire tomber dehors sur la terrasse, mais il n'a pas voulu se laisser faire et s'est jeté sur le carrelage avant de se cacher derrière la bibliothèque. Comme il avait de la suite dans les idées, il est retourné faire de l'escalade sur rideau une demi-heure plus tard. Cette fois-ci, ma manipulation a réussi et j'étais toute contente de m'être héroïquement débarrassée de l'intrus !

 

Ensuite, j'ai rassemblé divers vêtements que je compte emporter pour mon voyage. Je les ai assortis par coloris et par style, car ne pouvant en emmener que très peu, il faut qu'ils soient faciles à coordonner. Mon amie D. m'a donné son avis sur mes choix : pour porter par-dessus ma robe longue, elle préfère le chemisier en satin plutôt que le gilet en velours. C'est bien sûr discutable car si le chemisier est plus élégant, le gilet est néanmoins plus chaud et plus confortable... Je rêve de vêtements qui sauraient s'adapter à la température ambiante automatiquement et sur lesquels on pourrait décliner d'un simple clic le dégradé ou le motif de son choix. Mieux encore, y faire apparaître les messages que l'on désire ! Je rêve aussi de pantalons taille haute comme au bon vieux temps et de pulls angora qui ne perdent pas leurs poils ! Dire qu'on a de nos jours des téléphones qui tiennent dans la poche mais qu'on n'a toujours pas de vêtements intelligents... Enfin… J'espère avoir prévu de quoi être présentable durant les cinq jours d'emploi du temps de ministre qui m'attendent ! Si seulement je pouvais maîtriser la température, ce serait plus facile, car s'il y a une chose plus désagréable que d'être trempée de sueur dans un vêtement trop chaud qui semble fondre comme une crème glacée sous la cagnard, c'est bien de grelotter en se recroquevillant misérablement pour tenter de conserver sa chaleur dans une petite robe sans manches par une température qui flirte avec le zéro. Demain, je ferai des essayages pour vérifier mes choix et tester si tout cela loge dans mon sac de voyage.

Par Amy Clavier
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Samedi 10 octobre 2009

Cela faisait longtemps que je n'avais pas passé une nuit aussi agitée de cauchemars ! A mon premier réveil nocturne, le temps de reprendre mes esprits et de m'apaiser en renvoyant les autres au purgatoire, en me disant que mon chat ne pouvait pas être revenu à la maison sous forme de zombie (merci Pet Semetery, film d'horreur de Mary Lambert, 1988, Simetierre en version française – sachez-le, même si vous pensez le contraire lorsque vous essayez de faire ressurgir du passé un souvenir qui se dérobe comme une savonnette mouillée et vous glisse entre les neurones, en réalité, votre cerveau n'oublie jamais rien !), en me disant, donc, que mon chat ne pouvait pas être revenu à la maison sous forme de zombie vu qu'il a été incinéré, j'ai retrouvé un rythme cardiaque normal, essuyé mes tempes, et ai vivement espéré ne pas continuer la nuit sur cette lancée. Bien entendu, sachant que nous visitons un thème par nuit dans nos aventures oniriques, je me doutais néanmoins que ce thème allait continuer de me hanter sous des formes diverses et variées. Cela n'a pas loupé. Il n'est pas utile que je raconte ici par le menu toutes les variations improvisées et orchestrées par mon subconscient, mais ma nuit a été sérieusement éprouvante. Je me suis donc réveillée énervée, fatiguée et en colère parce que quitte à rêver de mon petit chat d'amour qui s'est éteint il y a maintenant une semaine, j'aurais mille fois préféré des rêves plus tendres.

Impuissante, j'ai poussé un profond soupir. C'était un début de journée déprimant.

 

Là-dessus, ayant besoin de compassion et de réconfort, j'ai voulu partager avec mon homme le fait que j'avais fait de terribles cauchemars, j'ai donc entrepris de lui en toucher deux mots, mais ceux-ci ne l'ont pas atteint car, m'a-t-il dit : « J'ai dormi sur mon oreille, alors j'entends rien. » J'ai répété plusieurs fois en vain quelques paroles qu'il ne comprenait pas.

-         Tu es vraiment sourd, tu devrais aller consulter un ORL ! ai-je lancé.

-         Hein ?

Impuissante, j'ai poussé un profond soupir. C'était un début de journée déprimant.

 

Ensuite, je me suis levée et j'ai constaté que l'inventeur des serviettes hygiéniques maxi-nuit de la marque que j'achète était un imbécile ignorant de l'anatomie féminine et de la sournoiserie pourtant bien connue des règles la nuit. Je ne sais pas si les règles sont faites pour être contournées, mais ce que je peux vous certifier, c'est qu'elles savent très bien contourner la protection périodique qui s'en sort blanche comme neige au lever, alors que la victime est par ailleurs complètement ensanglantée...

Impuissante, j'ai poussé un profond soupir. C'était un début de journée déprimant.

 

Alors je suis allée faire un tour sur le site http://www.viedemerde.fr et j'ai ri tout mon soûl à la lecture des malheurs des autres.

Ce soir, au moment où mon homme franchit la porte, je lui dis :

-         Coucou ! Alors, ton oreille est débouchée ? Tu n'es plus sourd ?

-         Pardon ?

Même pas besoin de répéter. J'avais la réponse…

 

Par Amy Clavier
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Vendredi 9 octobre 2009

Aujourd'hui, outre le temps consacré à mon travail et à faire du rangement dans ma chambre, j'ai passé un petit moment à jouer en ligne et suivre des liens, des mots, des images semés par mes aminautes. Ce soir, je regarde le monde comme à travers un kaléidoscope : il a de jolies couleurs, donne un peu mal au coeur et fait voir les choses et les gens de manière morcelée.  Bien souvent je n'appréhende de mes relations virtuelles que des fragments : un oeil par ci, un pied par là, un poème à quatre mains, un sourire, une partie de dés, un mot le plus long, un ciel, une route. Univers étrange où l'on ne peut guère qu'avancer sur place d'un pas mal assuré, et pourtant que de chaleur, d'empathie, de complice proximité dans cet univers où l'homme symbiote de la machine est à la fois lui-même et un autre, au bout du monde ou dans la maison d'à côté

Par Amy Clavier
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Jeudi 8 octobre 2009

Aujourd'hui, dans le désordre : rendez-vous professionnels, glace au chocolat, dyshidrose palmaire, scrabble, sieste écourtée par la sonnette de la porte d'entrée, visionnage de vidéos, envies de bien faire et peur de ne pas être à la hauteur dans mon rôle de mère. Il y a pas mal de choses que je redoute, je dois vraiment être une anxieuse chronique, seulement d'habitude je ne m'en rends pas forcément compte. Ce n'est que lorsque mes craintes se cristallisent sur certaines choses très précises que tout à coup je me sens moi-même aussi fragile que du cristal. Actuellement, j'essaie d'être aussi détendue que possible, de m'occuper à des activités agréables et de déjouer les pensées déplaisantes qui peuvent me venir à l'esprit concernant mon voyage ou le fait d'être une mère dont je puisse être fière. Je travaille plusieurs fois par jour les exercices ICI et MAINTENANT, de respiration ventrale et de pensées positives, mais je sais que mes muscles se contractent de nouveau peu après. J'ignore pourquoi je ressens les stimuli aussi fort et pourquoi je me focalise sur certaines choses au lieu de les laisser passer, c'est tout à fait ce que l'on appelle "prendre les choses à cœur". Depuis ma plus tendre enfance j'ai ressenti très fort les sensations physiques aussi bien que les émotions, comme si tout était amplifié, comme si mon volume était réglé au maximum et que je regardais le monde avec un microscope, de telle sorte que j'atteins relativement vite mon seuil de saturation en détails tout à fait passionnants mais qui m'empêchent de vivre simplement. Forcément, vue à travers une lentille grossissante, une poussière devient vite une montagne. Et puis je suis d'humeur si changeante ! Parfois, je me sens emplie d'une confiance telle que je pourrais soulever des montagnes (de poussière), je me vois alors réaliser d'ambitieux projets, puis en un clin d'oeil, me voilà de nouveau en proie au doute et ne souhaitant plus que me retirer bien à l'abri au fond de ma tanière.

Par Amy Clavier
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