Partager l'article ! Samedi 3 octobre 2009: Hier après-midi, j'ai enlevé de la maison tous les petits signes de présence de mon petit compagnon disparu : sa ja ...
| Janvier 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | 31 | |||||||||
|
||||||||||
Hier après-midi, j'ai enlevé de la maison tous les petits signes de présence de mon petit compagnon disparu : sa jatte d'eau au bord de l'évier, ses assiettes de nourriture, ses coussins à divers endroits. J'ai rangé dans un placard le sac de croquettes au lapin qu'il n'a pas eu le temps de goûter, nettoyé le linge de maison qui lui était réservé, jeté tous ses médicaments et son carnet de santé, gardant seulement une pince spéciale pour arracher les tiques dont je ne me suis jamais servie, mais sait-on jamais ? Ce matin, j'ai sorti de mon sac à main l'autorisation d'incinération et pour l'instant je l'ai conservée, mais je ferais mieux de la jeter, autrement j'aurai de la peine à chaque fois que je retomberai dessus... Sur mon téléphone portable, j'ai mis comme image de fond une des plus belles photos de lui, où il dort comme un pacha, alangui sous un joli bouquet de fleurs, rangé dans un tout petit espace où il n'avait pas coutume de se mettre, ce qui lui faisait doublement plaisir car plus l'issue fatale approchait, plus il aimait à s'installer dans des endroits insolites voire tabous : ma sacoche d'ordinateur portable, la console pour déposer le courrier dans l'entrée, mon bureau qui lui était strictement interdit depuis des lustres et où il n'osait pas poser un coussinet d'habitude de même que sur la table de la cuisine où je le retrouvais régulièrement ces derniers temps, ou encore l'espace compris entre le grille-pain et la yaourtière...
En fin d'après-midi, après avoir rempli une poubelle de mouchoirs usagés, lorsque mon petit ami est arrivé pour dîner, le haut de mes joues était tout boursouflé, rougi et fripé par les rivières de larmes que j'avais versées. Pour une fois, je n'avais pas envie de manger équilibré et je ne me suis certainement pas forcée ! Au cours du dîner, j'ai demandé à mon homme s'il n'aurait pas envie que l'on se fasse un grand voyage en train : Paris-Budapest ? Paris-Moscou ? Paris-Venise ? Dommage qu'il n'existe pas Paris-Pékin ou Paris-Shanghaï… Il était étonné et pas franchement emballé. Qu'à cela ne tienne, j'ai alors proposé d'aller au cinéma. Cela devait faire des années que nous n'étions pas allés voir un film ensemble au cinéma. Je crois que le dernier, c'était "Le sixième sens". C'était moins loin que Moscou, mais il n'était pas trop chaud non plus : « on est vendredi soir, j'ai eu une semaine un peu fatigante, moi qui me réjouissais d'être simplement avec toi ici à nous détendre », puis comme je lui rappelais que c'était lui qui avait proposé de sortir ce soir pour nous changer les idées (mais il parlait d'aller au restaurant), il a finalement dit oui en précisant que c'était la mort dans l'âme. Dans ces conditions, c'est moi qui ne voulais plus y aller. Pas question de le forcer. En fin de compte, il a vu que ça m'aurait fait vraiment plaisir et a mis sa veste, en route ! Nous sommes donc allés voir "Le petit Nicolas". Sa main était glacée dans la rue et les premières minutes dans la salle de ciné, lui qui d'habitude est une véritable bouillotte. Et puis, peu à peu il s'est réchauffé et nous avons passé un bon moment, car le film n'est pas désagréable du tout, avec quelques bonnes trouvailles qui nous ont provoqué de bienfaisants éclats de rire après le chagrin éprouvé dans la journée.
Lorsqu'il est arrivé, mon homme m'a donné les pastilles autocollantes bleues qu'il avait chez lui. J'en ai collé une sur mon écran d'ordinateur, une sur le meuble de la salle de bain à côté du miroir, et une troisième, bien en évidence sur la porte du réfrigérateur. Depuis lors, chaque fois que je prends conscience que j'en aperçois une, je fais un exercice ICI et MAINTENANT, me concentrant sur ce que je suis en train de faire au moment où je vois le point bleu, mes sensations physiques et ma respiration ventrale.
Ce matin, mon petit ami m'a dit
qu'il avait l'impression de se réveiller un lendemain de beuverie, et moi-même je n'étais guère plus fraîche ; je me sentais floue, flottante, à côté de la plaque. J'ai quand même fait une partie
de ce que j'avais à faire (m'occuper d'un dossier à envoyer à la CAF, aller à la banque), mais j'avais toujours un peu cette sensation d'être comme enveloppée de coton. Encore en ce moment, je
continue de ressentir cela. Je viens de déjeuner et ce serait volontiers l'heure de la sieste. Hier, je n'ai pas réussi à faire la sieste, car mes larmes coulaient sans arrêt et mes pensées
revenaient sans cesse à la mort de mon chat. Il fait grand soleil, je vais aller lire un moment dehors et j'irai peut-être m'allonger un peu ensuite. Puis il faut que j'aille à la bibliothèque
rendre quelques livres et en prolonger d'autres. Et que j'aille faire des emplettes pour le dîner de ce soir.
Je n'ai pas fait de sieste, m'occupant à la vaisselle et à quelques jeux en ligne, puis lisant au soleil dans le jardin. La chatte des voisins est venue se rouler à mes pieds exactement comme mon chat, à la différence près que lorsque je l'ai caressée elle m'a vigoureusement miaulé dessus en me disant : « Ce n'est pas comme ça que j'aime être caressée, moi ! » Alors je lui ai répondu d'aller se faire caresser ailleurs. La porte-fenêtre du salon étant ouverte, elle s'est aventurée précautionneusement en zone habituellement réservée, puis voyant que rien ni personne ne semblait s'y opposer, elle est entrée, a flairé à droite à gauche en cherchant mon chat. J'ai dit « Il n'est plus là, il n'y a plus personne pour protéger ce territoire désormais » et puis elle est partie. Ensuite, j'ai fait le tour de mon jardin et me suis retrouvée nez à museau avec le second chat des voisins, un gros matou blanc moitié siamois à qui j'ai fait quelques papouilles et qui a bien voulu me rétribuer d'un ronron en échange. Mon chat, lui, ce n'était pas d'un simple ronron dont il me gratifiait, mais d'une déferlante de vagues qui roulaient de plaisir dans sa gorge jusqu'à l'extase tout en me tendant la douceur de son petit ventre blanc comme une plante carnivore appâte les insectes venus chercher le confort de l'humidité, et lorsque ma main se plongeait dans la tentation de son pelage, paf, il sortait griffes et crocs et se réjouissait de m'avoir faire tomber dans le panneau si aisément une fois de plus !
Je ne vais pas tarder à aller à la bibliothèque et en courses. Auparavant, je suis passée voir si j'avais des courriels et me suis fait rire toute seule lorsque mon regard s'est posé sur une publicité diffusée par hotmail, car au lieu de lire ce qui était écrit, mon cerveau a vu un message légèrement différent :
Après consultation de l'heure et des horaires d'ouverture de la bibliothèque, celle-ci étant fermée depuis une demi-heure, je file à Auchan
!
Voici la
question bonus de ce soir : vais-je échapper à la grippe cochonne – oui bon, H1N1, mais c'est moins drôle comme nom – avec tous les gens qui m'ont littéralement toussé dessus dans les rayons et à
la caisse du supermarché ? A chaque fois que je vais en courses j'observe les gens qui toussent et soit ils vous toussent à la figure, soit ils toussent dans leurs mains et contaminent ensuite ce
qu'ils touchent, sans compter que bien souvent ceux qui toussent en mettant leur main devant la bouche le font d'une façon relativement élégante, en misant bien plus sur la beauté du geste que
sur une quelconque recherche d'efficacité. La seule personne que j'ai vue pour de vrai (la télé, ça ne compte pas) tousser dans sa manche c'était un petit bout de chou qui devait avoir huit ou
neuf ans et qui a fait ça très consciencieusement. Les messages de prévention télévisuelle ne semblent donc pas toucher la majorité des adultes. Et puis, il y en a qui mélangent tout et qui
pensent qu'il faut tousser dans sa manche et la jeter à la poubelle juste après, alors que ce conseil-ci s'applique aux mouchoirs. Enfin, il y a ceux qui n'ont pas de manches et dans ce cas-là,
il ne leur reste plus qu'à emprunter celle du voisin, mais pas sûr que celui-ci apprécie. D'un autre côté, ce serait utopique de croire que l'on peut changer du jour au lendemain les habitudes de
quelques dizaines de millions de français. Rien que d'y penser, cela me chatouille sérieusement dans les bronches…
Derniers Commentaires